Pour aucun argent au monde
Nous vivons aujourd’hui dans un système économique fondé sur l’exploitation et la dégradation de l’environnement. En 2026 , YOUCA se mettra en quête de modes alternatifs de vie en communauté, de production et de consommation équitables, sans sans cesse dépasser les limites humaines et planétaires . Pour donner tout son poids à cette mission, nous unissons nos forces à celles de SomosTerra (Espagne), du Cordilleran Youth Center (Philippines) et de YOUCA Brasil (Brésil).
Les forêts tropicales, les récifs coralliens, les réseaux souterrains de mycéliums, le gigantesque règne animal, les innombrables communautés humaines et tant d’autres écosystèmes ont une valeur inestimable. Pourtant, notre système financier n’en reconnaît la valeur que lorsqu’ils peuvent donner naissance à des produits, tels que les combustibles fossiles ou les matières premières. Cela signifie que toutes ces richesses naturelles sont réduites à de simples marchandises, à quelque chose dont on peut tirer un profit financier.
« Et qui va payer ça ? »
Les grandes entreprises cherchent sans cesse des moyens de maximiser leurs profits, par exemple en versant aux travailleurs des salaires aussi bas que possible ou en exploitant des matières premières à moindre coût. La conviction que le profit est synonyme de progrès et d’innovation est le moteur de notre système économique actuel, le capitalisme. Il faut toutefois prendre ce « progrès » avec des pincettes : la croissance sans fin à laquelle aspire le capitalisme n’est pas sans conséquences. Les matières premières s’épuisent, les espaces naturels sont irrémédiablement détruits et les gens perdent le lien qui les unit en se concentrant sur leurs propres intérêts. Partout dans le monde, nous constatons que l’homme et la planète sont mis au service de la quête impitoyable du profit financier, par exemple:
- Aux Philippines, les populations autochtones perdentleur foyer, leurs revenus et leur culture en raison de l'accaparement des terres par de grandes entreprises. Ces dernières s'approprient des terres pour mener des activités minières à grande échelle et d'autres projets extractivistes, mais aussi pour exploiter des énergies renouvelables, détruisant ainsi une nature unique.
- À Jardim Gramacho, au Brésil, des jeunes grandissent à côté d’une décharge. Il est moins coûteux de déverser les déchets à proximité des quartiers résidentiels que de les recycler et de les réutiliser. En ne tenant pas compte du coût pour la population locale, les grandes entreprises engrangent d’énormes profits. La mauvaise qualité de l’air à Jardim Gramacho et la pollution ont des conséquences considérables sur la santé des habitants, qui, en raison de la pauvreté, ne peuvent pas chercher à s’installer ailleurs. Il y a un manque criant d’emplois et de perspectives d’avenir positives.
- En Galice, en Espagne, l'exploitation forestière, les monocultures d'eucalyptus et l'exploitation minière provoquent de fréquents incendies de forêt, la perte de biodiversité et menacent les moyens de subsistance locaux. Les terres appartiennent en partie à quelques grandes entreprises capitalistes, mais sont principalement la propriété des villages de montagne des environs. Ces forêts étant difficiles à gérer, les propriétaires choisissent de planter des eucalyptus, qui permettent une rentabilisation plus rapide à court terme. Cela limite la souveraineté alimentaire et pousse les jeunes vers des emplois mal rémunérés et précaires.
- En Belgique non plus, nous ne sommes pas à l’abri de ces effets. La pression pour travailler et étudier toujours plus dur ne cesse de s’intensifier. Cela entraîne une tendance à la hausse des troubles liés au stress, au burn-out et à la dépression. Des études montrent que ces troubles apparaissent de plus en plus souvent chez les jeunes également. Il existe un immense éventail de choix de vie et d’opportunités à saisir, ce qui les conduit très rapidement à se sentir submergés, voire épuisés. La course capitaliste vers toujours plus, toujours plus et toujours plus pousse les gens à fournir des performances au détriment de leur santé mentale, tandis que l’accès aux soins reste insuffisant pour les plus vulnérables.
Nos ancêtres et les générations futures nous ont confié notre planète en prêt. Mais en raison des dégâts que nous avons déjà causés au fil des ans, nous ne pourrons plus restituer cette garantie. Une grande partie du monde en paie déjà le prix, car la quête d’un profit sans limite ne cesse de dépasser les limites humaines et planétaires. Ce soi-disant « progrès » ne fait ainsi que semer la discorde.
Les inégalités comme symptôme
L'une des idées fondamentales du capitalisme est que ce système économique génère de la prospérité. Dans une certaine mesure, c'est vrai, mais cela ne s'applique qu'à un groupe très restreint de personnes. En effet, les huit milliardaires les plus riches possèdent autant que les 50 % les plus pauvres de la population mondiale. Cela signifie que les huit personnes les plus riches – qui, ce n’est pas un hasard, sont toutes des hommes blancs – possèdent autant que les 4,1 milliards de personnes les plus pauvres* de la planète. Et les inégalités ne cessent de croître. Les plus pauvres ne parviennent pas à s’en sortir, tandis que le cercle des plus riches ne cesse de se réduire, tout en devenant de plus en plus riche et puissant. Ce n’est pas une histoire qui ne vous concerne pas : cette inégalité est une réalité qui se joue aussi à votre porte, dans votre rue et dans votre école.
Cette grande inégalité ne se manifeste pas seulement entre les individus, mais aussi à l’échelle mondiale. Les flux financiers des pays pauvres**vers les pays riches sont trois fois plus importants que les flux vers les pays pauvres sous forme d’aide au développement. Un pays riche comme la Belgique accorde des prêts onéreux et exploite ainsi la dépendance des pays plus pauvres, ce qui profite à sa propre prospérité au détriment de communautés moins favorisées. De ce fait, la richesse de l’Occident est financée par le Sud global, alors que nous avons souvent l’impression que c’est l’inverse.
Cette dépendance met le doigt sur la plaie. Notre système financier permet à ceux qui possèdent beaucoup, qu’il s’agisse de personnes ou de pays, de continuer à se développer aux dépens des autres et de la planète. Les injustices deviennent plus visibles, l’exploitation est omniprésente et nous constatons que tant l’économie mondiale que notre démocratie et notre planète sont mises à rude épreuve.
Notre système est à craquer
Et nous, nous voulons faire plus que simplement observer de loin! Nous rejoignons un mouvement plus large d’activistes et d’organisations qui cherchent de nouvelles façons de vivre, de produire et de consommer ensemble de manière équitable, sans outrepasser les limites humaines et planétaires.
Il existe d’innombrables exemples montrant comment nous pouvons faire les choses autrement ; certaines alternatives remontent même à plusieurs siècles. Beaucoup de gens s’engagent déjà, par exemple en achetant des vêtements d’occasion parce qu’ils sont moins chers, plus durables et plus éthiques, en achetant des fruits et légumes locaux ou en les cultivant eux-mêmes, en adhérant à une plateforme d’autopartage, en demandant à leur commune de préserver des espaces pour la forêt et la nature… Et vous? Que faites-vous déjà pour contrebalancer cette dynamique? Il y a sans doute déjà des choses que vous faites intuitivement parce que cela vous semble plus juste pour la planète. Et c’est déjà un excellent début.
Comment procédons-nous ?
YOUCA s'inspire de trois organisations dynamiques issues de différents coins du monde qui s'engagent déjà activement en faveur d'un système économique plus juste. YOUCA Brasil, le Cordilleran Youth Center (CYC) et SomosTerra développent des projets concrets, partagent leurs expériences et incitent d’autres personnes à porter un regard critique sur le système économique actuel et à s’engager en faveur de solutions durables, écologiques et centrées sur l’humain.
Ils nous motivent, ici, dans notre pays, à nous mobiliser et à mettre en place des actions. Grâce à la YOUCA Action Day, nous (re)répartissons les fonds afin de renforcer leur travail et leur impact, de lancer nos propres projets de jeunesse en faveur de la justice économique, et ainsi de contribuer à tracer la voie vers une société plus juste dotée d’un système économique équitable. Découvrez ci-dessous comment ces trois organisations (et YOUCA elle-même) luttent contre l’exploitation capitaliste dans leur région:
SomosTerra (Galice, Espagne) redonne la terre et la souveraineté alimentaire à la communauté. L'association crée une forêt alimentaire régénérative qui renforce la biodiversité, restaure la nature et permet une production alimentaire locale et durable. De plus, ils mènent des enquêtes pour déterminer les responsables des incendies de forêt et travaillent avec les jeunes et les écoles pour les sensibiliser aux problèmes de leur région. Ils les aident ainsi à se mobiliser pour défendre leurs droits et ceux de la nature. SomosTerra remet la terre entre des mains collectives et souhaite ainsi, à long terme, renforcer la communauté afin de construire une économie circulaire et équitable.
Le Cordilleran Youth Center (région de la Cordillère, Philippines) rassemble des jeunes de toute la région afin de défendre les droits des jeunes. Une attention particulière est accordée aux jeunes autochtones et à leur culture. Grâce à des campagnes de sensibilisation, le CYC mobilise de nombreux jeunes afin de convaincre les décideurs politiques de mettre fin aux systèmes non durables et injustes dans la région. Ils ont ainsi déjà mené avec succès une campagne contre l'augmentation des frais d'inscription dans les établissements d'enseignement supérieur et contre l'accaparement des terres dans les villages autochtones par de grandes entreprises. Ils souhaitent préserver la culture autochtone et son mode de vie en harmonie avec la nature dans la région, et veiller à ce que chacun bénéficie d’une égalité des chances en matière de participation démocratique.
YOUCA Brasil (Rio de Janeiro, Brésil) souhaite offrir des opportunités aux jeunes qui grandissent dans la pauvreté dans la favela de Jardim Gramacho et convaincre les responsables politiques et les décideurs de s’attaquer aux causes des problèmes dans leur quartier. L'organisation donne aux jeunes les moyens de prendre leur avenir en main et de défendre les droits des jeunes. Pour ce faire, elle propose des formations au leadership et met en place des actions concrètes. Elle a déjà mené à bien des opérations de nettoyage et s'attaque également aux déchets de leur quartier de manière créative. Ainsi, YOUCA Brasil a déjà mis sur pied un projet autour de la mode durable dans le cadre duquel des jeunes ont participé à des ateliers, conçu des tenues à partir de vieux tissus et de vêtements usagés, et organisé un défilé de mode ouvert à tout le quartier. YOUCA Brasil partage son nom avec nous suite à une précédente collaboration, mais ne vous y trompez pas : il s’agit d’une organisation forte et indépendante, entièrement mise en place par des jeunes du quartier.
Après la YOUCA Action Day, YOUCA (Belgique) va également s'atteler à ce thème. Nous mobilisons les jeunes pour qu’ils se renseignent sur les écueils de notre système économique actuel, nous recherchons des alternatives que nous pouvons mettre en pratique et nous encourageons les autres à faire eux aussi des choix économiques équitables.
Vous aussi, vous souhaitez rejoindre ce mouvement? Rien de plus simple : participez à la Journée d’action YOUCA et montrez que vous aussi, vous voulez faire la différence. Plus il y aura de participants, plus notre voix résonnera fort et clairement. Être militant, ça se traduit par de grandes et de petites actions. Réfléchis à ce que tu peux faire différemment, inspire les autres ou descends dans la rue aux côtés de YOUCA ou de l’une des nombreuses autres organisations. Car soyons honnêtes: une société qui tire profit des inégalités et de l’exploitation? Pour aucun argent au monde.
* Ces personnes ne vivent pas nécessairement toutes dans la pauvreté. Selon la Banque mondiale, 44 % de la population mondiale vit aujourd’hui dans la pauvreté. Il est important de préciser qu’il existe différentes définitions de la pauvreté. On peut notamment aborder la question de la pauvreté sous l’angle de la perception subjective (les personnes estiment-elles elles-mêmes vivre dans la pauvreté), du budget absolu dont elles disposent (par exemple, 2 dollars par jour) ou encore en calculant la pauvreté de manière statistique sur la base du revenu médian de la communauté. La Banque mondiale utilise une définition absolue : on vit dans la pauvreté lorsqu’on dispose de moins de 6,84 dollars par jour. Selon la Banque mondiale, 10 % de la population mondiale vit dans l’extrême pauvreté, avec moins de 2,15 dollars par jour.
**Les pays pauvres sont des pays dont le revenu national brut (RNB) est faible. Le RNB correspond à la valeur totale de tous les biens et services produits par les habitants d’un pays au cours d’une année, y compris les revenus provenant de l’étranger, mais à l’exclusion des revenus générés par les entreprises étrangères implantées dans ce pays.